venerdì 13 gennaio 2012

POUR LA FAMILLE AUTHENTIQUE ENRACINÉE SUR LA PERSONNE (SUITE).

         L’humanité vit de liens. C’est un élément évident que même l’expérience impose au-delà des arguments relatifs au corps. Quand l’homme dans son existence, se retrouve en face de difficultés sans solution et les randes questions de son existence surtout par exemple du sens de sa vie, il éprouve le besoin de s’ouvrir à un autre[1]. Il quitte son sommeil, lequel peut être comparé à la solitude, et s’engage dans un exode libérateur puis chemine vers l’Autre ou vers les autres comme vers la lumière. Le repli sur soi, l’autarcie, le soliloque est l’analogie de la caverne de Platon comme chemin de suicide or l’altérité, la réciprocité relationnelle, l’intersubjectivité est comme embrayeur anthropologique par lequel chaque homme révèle davantage son identité et accomplit sa personne. Avec Aristote, la conception classique de l’homme comme animal social implique assez bien la réciprocité. Au-delà de toutes normes ou mécanisme, c’est pour l’homme, une aspiration de grande portée que de se donner aux autres, pour déployer sa nature.
         L’homme est ainsi naturellement prédisposé vers la communauté humaine. Maurice Nédoncelle[2] pour la première fois en 1942 aborda la question de la réciprocité dans le cadre de la notion de relation vue comme l’élément fondateur de chaque réciprocité à partir de la philosophie comme point de départ pour aboutir à l’expérience. Est relation réciproque celle qui voit les êtres tendus et orientés les uns vers les autres et entre lesquels, s’établit un lien qui donne direction et sens à leur être, les uns en face de l’autre, avec les autres et pour les autres. Exister c’est sortir sans cesse de son circuit fermé, se montrer et rencontrer le prochain. Ainsi chaque relation présente une référence de sens et de lien, signifiée dans la réciprocité où la vie et l’identité de qui s’ouvre au voisin, ne sont jamais absorbées mais mieux consolidées. Le concept de personne comporte un paradoxe lorsqu’il se définit ensemble individu et relation. De fait Jacques Maritain distingue le concept d’individu de celui de personne en affirmant que: en tant qu’individu chacun de nous est un fragment d’une espèce, une partie de cet univers, un point singulier de l’immense réseau de forces et d’influences, cosmiques, ethniques, historiques, dont il subit les lois; il est soumis au déterminisme du monde physique. Mais, chacun de nous est aussi une personne, en tant que personne il n’est pas soumis aux astres, il subsiste tout entier de la subsistance même de l’âme spirituelle, et celle-ci est en lui un principe d’unité                                       
         L’intersubjectivité s’imposant comme un fait évident d’expérience où le mouvement d’exode, le sortir de soi pour créer la relation, demeure essentiel pour le don de soi, chacun devient être au-delà de lui-même, parcourant ce chemin à travers un lien de désir et d’attente, d’offrande et d’abandon, d’accueil et de don car aucune personne n’est autosuffisante. Pour subsister et s’accomplir chacun a besoin de quelqu’un qui lui soit proche. Chacun vit alors inséré dans un réseau de rapports qui le disposent et l’habilitent à exister dans la plénitude, cheminant dans le dialogue, parfois même conflictuel entre dépendance et autonomie. Ainsi le bébé dès sa naissance ne pourrait pour le moins survivre tout seul. Même étant destiné à la libre expression de soi, il dépend physiquement de l’aide de quelqu’un qui lui soit proche. Du coup, dans l’être humain, la relation avec la mère et le père devient médiatrice, de la réalisation de soi et du mode de l’accomplir. Voilà pourquoi l’intuition qu’indique le don et qui transite par la relation réciproque, par l’altérité comme lieu où chacun investit son existence, établit la personne dans la sphère symbolique et lui évite toute réduction.

Célestin AVOCAN
celzath@libero.it

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[1] Cf. S. GRYGIEL, Extra comunionem personarum nulla philosophia, PUL, Roma 2002, 8-20. L’auteur précise que quand l’homme se refuse de s’ouvrir aux autres dans les impasses, il choisit tout simplement de refuser toute aide sauf le suicide car pour se donner ou trouver sens à quoique ce soit, il faut toujours se référer à une autre réalité que soi même. Grygiel de fait, à la page 8, affirme dans la logique de la communion que le sens est toujours d’une autre nature ou origine en regard de ce dont il est sens ou donne sens. Ainsi le sens de l'argent n'est pas l'argent car pour le savoir il faudra sortir de l'argent et l’abandonner. Dans le cas du sens de la vie, on a la même situation. Seule la mort ouvre à l’homme, l’occasion de se référer à l’Hétérogenèse et de s’orienter vers l’Autre pour se poser les grandes questions. Notre note n. 7 de pied de page illustre assez bien le mouvement d’une recherche de sens hors de soi même.
[2] Cf. M. NEDONCELLE, La réciprocité des consciences. Essai sur la nature de la personne, Aubier- Montagne, Paris 1942.
[3] J. – R. MARITAIN, La personne et le bien commun, in Œuvres Complètes, IX Ed. Universitaires Fribourg-Suisse/ Ed. Saint Paul, Paris 1947-1951, 190.

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