mercoledì 31 agosto 2011

LE DENIER CULTUREL A PAYER POUR LA FAMILLE

      La famille selon ses manifestations propres, se présente en tant que institution naturelle, divine et culturelle. Son cachet naturel est lié à sa dimension de lieu de la génération et de l’éducation : la vie y surgit entre un homme et une femme, unis par l’amour pour la vie à partir et à travers le mariage c’est à dire, des pratiques, des usages et des coutumes propres à chaque culture qui fondent et mettent en évidence dès le départ, le caractère public et définitif de leur engagement qui s’exprime comme une communauté où on vit ensemble en s’aimant. La famille permet dans ce sens, à plusieurs générations de se côtoyer, les grands parents, les parents, les enfants.
      Malgré cette communion, chaque famille fait l’expérience de sa propre vulnérabilité à travers les imprévus, les manques, les blessures de la vie, ensemble de chose qui la renvoie à un au-delà d’elle même comme ouverture à la transcendance. La famille ne peut être en elle même sa propre fin. Percevoir les valeurs familiales ne doit pas conduire au familialisme. Il peut exister un totalitarisme familial comme il existe un totalitarisme étatique. La famille en effet peut devenir étouffante, possessive, intolérante. Chaque famille a besoin des autres familles comme modèle et exemple puis de s’appuyer sur une espérance qui dépasse sa propre expression matérielle. En famille, n’a-t-on pas besoin de courage, de joie, d’espérance, de prévoir le futur, de se donner l’un à l’autre, de supporter ensemble les souffrances ? Ces aspects réclament un au-delà de la famille qui suggère que la famille nécessite et renvoie « un ailleurs » qui est Dieu si elle ne veut pas manquer de souffle chemin faisant.
      La dimension culturelle de la famille se déploie à travers l’effort conjugué de toutes les époques dans le temps et dans l’espace d’améliorer les moyens et les personnes pour offrir à la famille de devenir toujours plus un réel cadre d’humanisation où au fil des ans l’homme devient plus homme et se préoccupe davantage d’être -plus que d’avoir - plus. Malheureusement, l’engagement culturel de la société semble parfois combattre le caractère naturel de la famille au nom du progrès que de l’aider. Ainsi en pâtit la société et parfois la vérité de la personne et de la famille est gommée sinon sacrifiée à l’autel de l’orgueil des hommes de culture. Les institutions ou les personnes qui en prennent la défense sont couvertes de sarcasme car les pouvoirs d’ardent, de sexe et de drogue, retentissent plus fort des fois que la vérité.
      On peut alors par moments s’interroger : Quel avenir pour la famille ? Cette question suscite sans doute chez beaucoup, une inquiétude. Quel est donc l’avenir de cette famille fragilisée, soumise à tant de crises, devenues, selon l’expression de Louis Roussel ‘’incertaine’’, incertaine aussi bien dans ses formes, ses normes, ses valeurs, ses rites, que dans son aspect institutionnel ? L’homme d’Eglise, le passionné d’anthropologie et de philosophie Jean-Paul II a décrit dans les années 80, la famille contemporaine en des termes bien suggestifs : 
      «La situation dans laquelle se trouve la famille présente des aspects positifs et négatifs: les uns sont le signe du salut du Christ à l'œuvre dans le monde; les autres, du refus que l'homme oppose à l'amour de Dieu.
Car, d'une part, on constate une conscience plus vive de la liberté personnelle et une attention plus grande à la qualité des relations interpersonnelles dans le mariage, à la promotion de la dignité de la femme, à la procréation responsable, a l'éducation des enfants; il s'y ajoute la conscience de la nécessité de développer des liens entre familles en vue d'une aide spirituelle et matérielle réciproque, la redécouverte de la mission ecclésiale propre à la famille et de sa responsabilité dans la construction d'une société plus juste Mais, par ailleurs, il ne manque pas d'indices d'une dégradation préoccupante de certaines valeurs fondamentales: une conception théorique et pratique erronée de l'indépendance des conjoints entre eux; de graves ambiguïtés à propos du rapport d'autorité entre parents et enfants; des difficultés concrètes à transmettre les valeurs, comme bien des familles l'expérimentent; le nombre croissant des divorces; la plaie de l'avortement; le recours sans cesse plus fréquent à la stérilisation; l'installation d'une mentalité vraiment et proprement contraceptive.
      A la racine de ces phénomènes négatifs, il y a souvent une corruption du concept et de l'expérience de la liberté, celle-ci étant comprise non comme la capacité de réaliser la vérité du projet de Dieu sur le mariage et la famille, mais comme une force autonome d'affirmation de soi, assez souvent contre les autres, pour son bien-être égoïste.
      Un autre fait mérite également notre attention: dans les pays du tiers monde, les familles manquent souvent aussi bien des moyens fondamentaux pour leur survie, tels que la nourriture, le travail, le logement, les médicaments, que des plus élémentaires libertés. Dans les pays plus riches, en revanche, le bien-être excessif et l'esprit de consommation, celui-ci étant paradoxalement uni à une certaine angoisse et à quelque incertitude quant à l'avenir, enlèvent aux époux la générosité et le courage de susciter de nouvelles vies humaines: souvent la vie n'est plus alors perçue comme une bénédiction, mais comme un péril dont il faut se défendre.
      La situation historique dans laquelle vit la famille se présente donc comme un mélange d'ombres et de lumières.
      Ce mélange montre que l'histoire n'est pas simplement un progrès nécessaire vers le mieux, mais un avènement de la liberté, et plus encore un combat entre libertés qui s'opposent, c'est-à-dire, selon l'expression bien connue de saint Augustin, un conflit entre deux amours: l'amour de Dieu, poussé jusqu'au mépris de soi; l'amour de soi, poussé jusqu'au mépris de Dieu.
      Il s'ensuit que seule l'éducation de l'amour enracinée dans la foi peut conduire à acquérir la capacité d'interpréter les «signes des temps», qui sont l'expression historique de ce double amour » (Familiaris Consortio n° 6).
      A ces avancées se joint un avantage de toute situation de crise : cela fait réfléchir. La crise est ‘’un moment critique’’ qui conduit à poser les questions fondamentales, à être plus conscient, à s’interroger sur l’essentiel et l’accessoire, dans de nombreux cas à rechercher l’authenticité. Mais les mutations récentes ont été cause de beaucoup de souffrances : notre société peut elle continuer à prendre en dérision au vu et au su de tous des vérités existentielles qui engagent l’avenir de tous ? Que sert à l’homme toute sa peine sous le soleil si c’est pour détruire ? Osons ensemble quelque chose dans ce cadre de débats pour contribuer à la construction du futur. Mais sur quels aspects devrions nous, nous pencher davantage sans alarmisme ni négativité ? Notre conviction demeure que malgré tout c’est toujours exaltant d’oser fonder une famille car la famille au-delà de sa fragilité est l’avenir de la société.

Celestin AVOCAN
celzath@libero.it

domenica 21 agosto 2011

SOS: SANS LA SAUVEGARDE DES RELATIONS SAINES PAS DE VISION DU BIEN COMMUN NON PLUS

      L’être humain est structuré comme un être de relation. De fait, chacun est orienté vers un autre. Ceci se note déjà à travers la vie reçue. Cette vie par ailleurs ne grandit qu’avec la médiation de plusieurs autres personnes. Ainsi la relation détermine l’équilibre personnel. La vie pour cela n’est pas séparation ni repli sur soi. Elle est, avant tout, participation, élan d’amour qui implique un exode de soi vers un ailleurs que soi. Au père, restera alors habituellement liée, dans toute culture, par exemple, l’idée de filiation subséquente à une vie d’union de deux personnes de sexe différent, ouvertes à la fécondité. Cette expérience excède toute définition et toute conceptualisation: elle s’ouvre plutôt au don. Cette vision valorise davantage la famille comme lieu du donner et du recevoir où chacun se reçoit en tant que personne (pro-soppon en grec) comme « un dérivé de », toujours en tension pour communiquer quelque chose de soi à l’humanité de qui chacun reçoit infiniment par le biais des diverses générations. La famille comme telle est lieu de devoir et de droit parce que école d’humanité.
      Malheureusement au fil des ans, chacun assiste impuissant au spectacle de la famille qui passe étonnement culturellement pour lieu de profit, de violence, du règlement de compte où prédomine la logique de l’opposition et du conflit de l’un contre l’autre ou du tous contre tous ; mais sans doute parce que prédomine la logique du calcul, de l’instrumentalisation, du divorce, du contrat contre la dynamique du don. Se donner est-il un prêt de soi-même pour un temps quitte à réviser ses intentions dès qu’on le veut ? Si tel en est le cas, on imagine que la société puisse disposer des techniques les meilleures actuellement mais soit en perte de vitesse en ce qui concerne l’humanum. Où sont les personnes à imiter? Progrès ou régression ?
      Réagissons au contact du texte ci-après qui est une interpellation à soigner les relations pour sauver le bien commun à partir de la familiale : 
      «Nous avons tous à cœur le bien des personnes que nous aimons, en particulier de nos enfants, adolescents et jeunes. Nous savons, en effet, que c'est d'eux que dépend l'avenir de notre ville. Nous ne pouvons donc qu'être attentifs à la formation des nouvelles générations, à leur capacité de s'orienter dans la vie et de discerner le bien du mal, à leur santé non seulement physique, mais aussi morale.
      Éduquer n'a toutefois jamais été facile et cela semble devenir encore plus difficile aujourd'hui. Les parents, les enseignants, les prêtres et tous ceux qui exercent des responsabilités éducatives directes le savent bien. On parle donc d'une grande "urgence éducative" confirmée par les échecs auxquels se heurtent trop souvent nos efforts pour former des personnes solides, capables de collaborer avec les autres et de donner un sens à leur vie. Nous en rejetons alors spontanément la faute sur les nouvelles générations, comme si les enfants qui naissent aujourd'hui étaient différents de ceux qui naissaient jadis. On parle, en outre, d'une "fracture entre les générations", qui existe certes et qui est importante, mais qui est l'effet, plutôt que la cause, du manque de transmission de certitudes et de valeurs.
      Devons-nous alors rejeter la faute sur les adultes d'aujourd'hui, qui ne seraient plus capables d'éduquer? La tentation de renoncer est certainement forte, chez les parents et chez les enseignants et, plus généralement, chez les éducateurs, et plus encore le risque de ne pas même comprendre quel est leur rôle ou mieux, la mission qui leur est confiée. En réalité, ce qui est en question ce sont non seulement les responsabilités personnelles des adultes ou des jeunes, qui existent effectivement et ne doivent pas être cachées, mais aussi une atmosphère diffuse, une mentalité et une forme de culture qui conduisent à douter de la valeur de la personne humaine, de la signification même de la vérité et du bien, en dernier ressort, de la bonté de la vie. Il devient alors difficile de transmettre d'une génération à l'autre quelque chose de valable et de certain, des règles de comportement, des objectifs crédibles autour desquels construire sa vie».

(Message du pape Benoit XVI à la ville de Rome le 21 janvier 2008). Comment redonner aux familles la splendeur de leur vérité comme lieu des relations les plus saines?

Celestin AVOCAN 
celzath@libero.it

sabato 20 agosto 2011

POUR QUI ES TU PRET A MOURIR?

         Le polonais Maximilien Marie Kolbe (8 janvier 1894-14 aout 1941) a été emprisonné par les nazis à Auschwitz au cours de l'année 1941. Il se retrouve pris dans une situation périlleuse avec d’autres prisonniers du camp, suite à une évasion. Le commandant du camp décide de faire exemple à partir de l’incident. Il choisit alors dix hommes pour les envoyer au cachot, sans eau ni pain, jusqu'à ce qu'ils meurent tous. Voyant un des dix, nommé François Gajowniczek, supplier son rachat à cause de ses enfants, Maximilien Kolbe se porte volontaire pour prendre sa place, invoquant son propre âge avancé.
         Pris de stupéfaction, le commandant SS accepte et envoie le prêtre au bunker 14 avec les neuf autres prisonniers. Tous mourront là-bas sauf le religieux apparemment plus résistant, et Maximilien Kolbe sera empoisonné par intraveineuse au bout de quatorze jours. La responsabilité de Maximilien Kolbe comme son sacrifice est clairement assumé non plus seulement pour Dieu, mais pour un de ses contemporains, pour un autre homme, manifestant profondément ce que peut signifier la responsabilité jusqu'à la substitution; assumer ce dont l'autre est coupable. Mourir à la place d’un autre prisonnier tout juste parce qu’il a des enfants et qu’il est père n’est-t-il pas symptomatique et énigmatique ?
         La vie s’impose : « Pour qui es tu prêt à mourir » ou mieux « pour qui vaut-il la peine de vivre » au-delà du bavardage stérile et de la pure conceptualisation?
         Maximilien Kolbe en posant le principe de la valeur absolue de la famille à tel point qu’il préfère mourir pour qu’un père de famille vive, interpelle la conscience de notre temps par rapport à la banalisation qu’il est facile de constater dans la société et dans les familles elles-mêmes. Il est facile de voir en effet aujourd’hui comment la famille est plus un poids et un handicap même plutôt que la voie de la réalisation. Il n’est pas rare en effet d’entendre dire ou d’entendre incriminer la famille par rapport à un ensemble de situations psychologiques et sociales.
         Le penseur judéo français Emmanuel Levinas évoque justement le martyre Maximilien Marie Kolbe comme confirmation contemporaine de la garantie du caractère sacré de la paternité[1] et l’ affirmation de sa transcendance. Dans le contexte de vide éthique grandissant où on appelle le bien mal et le mal bien, Ce récit pose aussi la question de la place de l'autre dans le jaillissement des valeurs et des motivations éthiques du sujet. L’autre est-il une chance pour ma réussite ou réellement un enfer? De toute façon, seuls ceux qui savent la valeur de la relation, le prix de la famille sont capables de sacrifice pour ces trésors. Oui j’en ai la certitude ; la famille constitue encore le pilier de l’édifice social. C’est la première école de socialisation. L’enfant naît au sein de la famille. Il y reçoit une éducation qui façonne son rapport à la société. En famille aussi l’enfant reçoit la foi. En famille, il acquiert les valeurs traditionnelles et ancestrales. En effet, le milieu africain béninois d’où je suis issu et où j’ai grandi puis le milieu italien européen où je suis venu étudier, m’ont présenté chacun pour leur part, un panorama spécifique de la famille même si on note des recoupements.
         Par delà les aspects positifs, naturels et culturels, on est fortement interpellé tant par les antagonismes culturels que par les oppositions liées aux options sociales, par les banalisations que subissent certains repères anthropologiques fondamentaux, par la superficialité avec laquelle sont considérés certains principes éducatifs, par la violence verbale qui soutient certaines revendications politiques, par les réductions opérées pour conviction idéologique au lieu de prendre en compte la personne humaine, sa réalisation et dans son épanouissement.
         Comment retrouver et marcher comme l’indique Jean-Paul II, sur «la route qui conduira la famille au cœur de sa vérité profonde ? Oui il y a le Christ mais il y a aussi les signes des temps c’est-à-dire des évènements qui sont l’expression du bien que souhaite Dieu pour tous. L’expérience de Maximilien Kolbe n’est pas une légende mais école de vie pour qui choisit de se réaliser au parfum des valeurs authentiques. 
         Donner sa vie à la place d’un autre pour la simple raison que lui a une famille qui aurait besoin de sa présence ? Quel échange merveilleux qui éveille du sommeil de la banalisation et de l’inconscience de la goujaterie puis imprime une leçon de vie, je pense ; le père est au-delà de la génération biologique. Le père est au-delà des fonctions sociales. Le père est plus que le mari d’une femme. Le père est responsabilité et engagement à la vie à travers un amour dont la fécondité dispose à se décentrer de soi-même afin de se retrouver dans un autre, un étranger à moi qui est pourtant moi puisqu’il me révèle à moi comme père. En effet ce n’est qu’en voyant justement ses enfants hors de lui que le père imagine et connait ce qui était déposé en lui. Grâce à cette existence filiale qui s’éloigne de lui, qui lui échappe sans cesser de le concerner, le moi parental ou paternel ne cesse pas d’être moi, mais il n’est plus « moi-même». Ainsi avoir une descendance, c’est une manière pour moi d’avoir des possibilités qui, de quelque façon, sont au-delà de mes possibilités.
         Qu’en penses-tu ? Est-ce possible de faire de même ? oui, toujours, aimons nous les uns les autres mais pas seulement en paroles mais surtout en actes et en vérité.

Celestin AVOCAN
celzath@libero.it

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[1] Cf. Jean-Paul II, K. Wojtyla, Maximilien Kolbe, patron de notre siècle difficile, P. Lethielleux, Paris 1982, 86.