sabato 20 agosto 2011

POUR QUI ES TU PRET A MOURIR?

         Le polonais Maximilien Marie Kolbe (8 janvier 1894-14 aout 1941) a été emprisonné par les nazis à Auschwitz au cours de l'année 1941. Il se retrouve pris dans une situation périlleuse avec d’autres prisonniers du camp, suite à une évasion. Le commandant du camp décide de faire exemple à partir de l’incident. Il choisit alors dix hommes pour les envoyer au cachot, sans eau ni pain, jusqu'à ce qu'ils meurent tous. Voyant un des dix, nommé François Gajowniczek, supplier son rachat à cause de ses enfants, Maximilien Kolbe se porte volontaire pour prendre sa place, invoquant son propre âge avancé.
         Pris de stupéfaction, le commandant SS accepte et envoie le prêtre au bunker 14 avec les neuf autres prisonniers. Tous mourront là-bas sauf le religieux apparemment plus résistant, et Maximilien Kolbe sera empoisonné par intraveineuse au bout de quatorze jours. La responsabilité de Maximilien Kolbe comme son sacrifice est clairement assumé non plus seulement pour Dieu, mais pour un de ses contemporains, pour un autre homme, manifestant profondément ce que peut signifier la responsabilité jusqu'à la substitution; assumer ce dont l'autre est coupable. Mourir à la place d’un autre prisonnier tout juste parce qu’il a des enfants et qu’il est père n’est-t-il pas symptomatique et énigmatique ?
         La vie s’impose : « Pour qui es tu prêt à mourir » ou mieux « pour qui vaut-il la peine de vivre » au-delà du bavardage stérile et de la pure conceptualisation?
         Maximilien Kolbe en posant le principe de la valeur absolue de la famille à tel point qu’il préfère mourir pour qu’un père de famille vive, interpelle la conscience de notre temps par rapport à la banalisation qu’il est facile de constater dans la société et dans les familles elles-mêmes. Il est facile de voir en effet aujourd’hui comment la famille est plus un poids et un handicap même plutôt que la voie de la réalisation. Il n’est pas rare en effet d’entendre dire ou d’entendre incriminer la famille par rapport à un ensemble de situations psychologiques et sociales.
         Le penseur judéo français Emmanuel Levinas évoque justement le martyre Maximilien Marie Kolbe comme confirmation contemporaine de la garantie du caractère sacré de la paternité[1] et l’ affirmation de sa transcendance. Dans le contexte de vide éthique grandissant où on appelle le bien mal et le mal bien, Ce récit pose aussi la question de la place de l'autre dans le jaillissement des valeurs et des motivations éthiques du sujet. L’autre est-il une chance pour ma réussite ou réellement un enfer? De toute façon, seuls ceux qui savent la valeur de la relation, le prix de la famille sont capables de sacrifice pour ces trésors. Oui j’en ai la certitude ; la famille constitue encore le pilier de l’édifice social. C’est la première école de socialisation. L’enfant naît au sein de la famille. Il y reçoit une éducation qui façonne son rapport à la société. En famille aussi l’enfant reçoit la foi. En famille, il acquiert les valeurs traditionnelles et ancestrales. En effet, le milieu africain béninois d’où je suis issu et où j’ai grandi puis le milieu italien européen où je suis venu étudier, m’ont présenté chacun pour leur part, un panorama spécifique de la famille même si on note des recoupements.
         Par delà les aspects positifs, naturels et culturels, on est fortement interpellé tant par les antagonismes culturels que par les oppositions liées aux options sociales, par les banalisations que subissent certains repères anthropologiques fondamentaux, par la superficialité avec laquelle sont considérés certains principes éducatifs, par la violence verbale qui soutient certaines revendications politiques, par les réductions opérées pour conviction idéologique au lieu de prendre en compte la personne humaine, sa réalisation et dans son épanouissement.
         Comment retrouver et marcher comme l’indique Jean-Paul II, sur «la route qui conduira la famille au cœur de sa vérité profonde ? Oui il y a le Christ mais il y a aussi les signes des temps c’est-à-dire des évènements qui sont l’expression du bien que souhaite Dieu pour tous. L’expérience de Maximilien Kolbe n’est pas une légende mais école de vie pour qui choisit de se réaliser au parfum des valeurs authentiques. 
         Donner sa vie à la place d’un autre pour la simple raison que lui a une famille qui aurait besoin de sa présence ? Quel échange merveilleux qui éveille du sommeil de la banalisation et de l’inconscience de la goujaterie puis imprime une leçon de vie, je pense ; le père est au-delà de la génération biologique. Le père est au-delà des fonctions sociales. Le père est plus que le mari d’une femme. Le père est responsabilité et engagement à la vie à travers un amour dont la fécondité dispose à se décentrer de soi-même afin de se retrouver dans un autre, un étranger à moi qui est pourtant moi puisqu’il me révèle à moi comme père. En effet ce n’est qu’en voyant justement ses enfants hors de lui que le père imagine et connait ce qui était déposé en lui. Grâce à cette existence filiale qui s’éloigne de lui, qui lui échappe sans cesser de le concerner, le moi parental ou paternel ne cesse pas d’être moi, mais il n’est plus « moi-même». Ainsi avoir une descendance, c’est une manière pour moi d’avoir des possibilités qui, de quelque façon, sont au-delà de mes possibilités.
         Qu’en penses-tu ? Est-ce possible de faire de même ? oui, toujours, aimons nous les uns les autres mais pas seulement en paroles mais surtout en actes et en vérité.

Celestin AVOCAN
celzath@libero.it

___________________________________ 

[1] Cf. Jean-Paul II, K. Wojtyla, Maximilien Kolbe, patron de notre siècle difficile, P. Lethielleux, Paris 1982, 86.

Nessun commento:

Posta un commento