martedì 25 settembre 2012

JALONS POUR UNE PASTORALE DE LA DOT MATRIMONIALE DANS LA CULTURE AFRICAINE



 Jalons pour une pastorale de la dot matrimoniale dans la culture africaine
La dot vue sous le régime du don ne paraît pas en soi contraire au droit naturel, ni incompatible avec le mariage chrétien. De fait l'interrogatoire pour la préparation au mariage chrétien la suggère encore. Si le don constitue le cœur et l'essence du Christianisme, en quelle mesure le Christ dans sa vie concrète toute donnée à l’Eglise et  à l'humanité, pourrait-.il éclairer la réalité de la dot, la purifier et élever sa signification.
Trois interrogations émergent et indiquent des défis pastoraux, à savoir en un premier temps, comment combler et trouver une solution au désir obstiné de la plupart des familles qui dans leur pauvreté, pensent saisir le mariage d'un de leur enfant comme une occasion pour sortir du manque et trouver un rang social meilleur, convaincue que le partage honnête réhabilite les uns et les autres? Dans un second temps, le synode des évêques pour l'Afrique en 1994 a orienté la ligne pastorale vers une inculturation de l'Eglise comme Famille de Dieu, afin de constituer les familles en église domestique pour une évangélisation en profondeur; au delà des débats autour des modalités d'application des rites du mariage, comment à travers l'univers symbolique qui construit la cohésion sociale faire vivre et signifier l'alliance du Christ et de l'Eglise en sauvegardant au mariage son cachet personnel entre deux sujets et son cachet social impliquant Dieu lui même et qui ainsi engage l'avenir de toute la communauté construite sur le don réciproque?  Enfin, comment selon la structure de la dot à purifier de toutes confusions, faire de la communauté même le lieu de l'accomplissement du sacrement dans la mesure où on n'existe qu'avec les autres au-delà des seuls parents, réalité possible seulement si l’Eglise particulière évite de détruire l'expression symbolique du mariage coutumier[1] en lequel s'exprime et se reconnaît le groupe social.
Toutefois, ce sont en effet les époux, par leur choix libre et leur consentement réciproque qui constituent leur mariage et sa validité. Et le pape Pie XI, dans l'Encyclique Casti Connubii du 31 décembre 1930 a exposé de façon claire les conditions de validité  et de licéité du mariage chrétien où l'insistance sur le caractère conjugal, propre et personnel du consentement donné par le contractant, est mise en valeur. De fait la crainte grave et la violence vicient le consentement et peuvent provoquer une simulation qui rende le mariage nul. Par ricochet, le consentement des parents n'est pas nécessaire à la conclusion du mariage. Aucune autorité familiale ou sociale ni ecclésiastique ne peut par elle-même établir un homme et une femme en état de mariage. L'Eglise eut à lutter pour maintenir ce principe à l'encontre du pouvoir civil de l'ancienne Europe, qui déclarait le consentement des parents nécessaire à la validité du mariage comme il l'était en Droit romain, et dans les antiques coutumes germaniques. Au XIIème siècle, le Pape III affirma que le consentement des époux suffisait pour qu'il y ait mariage (décret du 15 Juillet 1198, Dz. 404). Le concile de Florence en 1439, ratifiait cette doctrine, que le concile de Trente devait affirmer en sa session XXIV (Dz.990). Léon XIII écrira: «L’Eglise limite dans la mesure voulue, le pouvoir des pères de famille, afin que la pleine liberté des fils et des filles désireux de se marier, ne soit en rien diminué». Il s'agira de voir aujourd'hui, comment sauvegarder la qualité du consentement et d'offrir tout de même une dimension communautaire plus grande comme protection du mariage dans son unicité et dans son indissolubilité.
Célestin AVOCAN
celzath@libero.it


[1] Selon l’analyse sémantique des mots et symboles employés au sud Bénin pour définir la dot, il n’existe pas de mariage sans dot et vis-versa. Ainsi sans dot, le femme est considérée comme prisonnière parce que déportée, ou pour esclaves parce que dégradée dans sa personne. Nous découvrons cela dans  les analyses de Angelo Tosato pour l’Orient biblique dans la réalité du « prendre femme ».

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