martedì 25 settembre 2012

LA DOT EN OCCIDENT



La dot en occident
NB :Ce texte a avant tout pour but d’informer sur les étapes historiques du mariage dans ses rites.
            Dans le domaine du mariage, l’occident laisse découvrir deux[1] types de transfert de biens à savoir le modèle romain de la dot et l’exemple germanique du douaire. La dot romaine était dès l’antiquité constituée par les biens apportés par la femme au mari (sui juris) ou par d’autres (son père si elle est alieni juris ou des étrangers), en vue de subvenir aux charges du ménage et notamment à l’entretien et à l’éducation des enfants. La dot embrassait et couvrait beaucoup de réalités juridiques dont les détails n’intéressent guère notre problématique et qui se succédèrent, s’embrouillèrent et se clarifièrent au cours de la longue histoire allant de la fondation de la République romaine à l’âge classique du Droit, et s’étendant successivement à l’empire, au Moyen âge et aux temps modernes.

 Ces différentes étapes ont reflété une vision de la famille comme institution marquée plus ou moins par de nouvelles conceptions du mariage où la dot imprimait un impact. Mais si la dot venait de la femme dans la Rome, la dot germanique avait un destinataire différent. Il faut d’entrée de jeu rappeler que le terme germanique lui-même aujourd’hui peut prêter à confusion, n’étant plus le parallèle de latin[2]. Le groupe germain, avant les invasions, connut un système de transfert matrimonial qui évolua du rapt au mundium. Avant les grandes invasions, le rapt y aurait été la forme la plus répandue du mariage. Ce mariage certainement rebutant disparut devant le mariage par achat bien plus humain à cette époque-là. Le mariage conciliable avec les droits de la famille de l’épouse qui préférait toujours donner le pouvoir sur la femme à travers les formes normales du mundium au lieu de se contenter d’un accommodement tardif. Le fiancé lui-même ne regrettait pas la perte de la somme amende (launegildo) infligée au ravisseur, en échange de la fiancée. Le mundium étymologiquement, semble dériver ou de munts (main), pouvoir, ou de mund (bouche). La famille de l’épouse par l’intermédiaire du chef cédait sa voix, son mundium. Quelle que soit la provenance étymologique du mundium, la réalité sous jacente est la même. L’époux devait aux parents de la fiancée le « pretium nuptiale». En contrepartie, ils s’engageaient à lui donner sa fille traditio puellae. Pour certains auteurs, le pretium nuptiale et la traditio puellae constituaient un seul acte juridique en conformité avec la théorie des contrats réels du monde antique.

Autres dons interviennent comme le don du matin (Morgengabe) offert à la nouvelle épouse par son nouveau mari le lendemain des noces en signe de respect  pour la virginité de l’épouse comme font tous les peuples dont les bonnes mœurs sont encore  intactes. Mais après les grandes invasions, le brassage des peuples entraîne aussi celui des coutumes et de l’institution dotale. Apres la renaissance du Droit romain avec l’Ecole de Bologne, les Germains laissent peu à peu tomber la Morgengabe mais font adopter à leurs hôtes le système du chèque en faveur de la femme, comprenant la dot et la tertia collaborationis ou la quarta.

Pour finir, ni le système dotal germanique, ni celui romain ne resta intact. De plus la constellation des pays à dot  ex marito et à dot ex muliere nous montre combien l’acculturation des peuples, suppose l’adaptation de leurs coutumes familiales aux nouvelles situations de temps et de lieu. Mais la dot ressort ici comme une expérience humaine qui rentre en ligne de compte du sens qu’on imprimait au mariage. Continuons avec le sens de la pratique sous d’autres ères géographiques.
Célestin AVOCAN
celzath@libero.it



[1]    M. BARENGAYABO, La dot matrimoniale au Burundi, PUL, Rome 1975, 20-32.
[2]    Ibid., 161-165. Germain indiquait à l’époque de l’empire romain autrefois les peuples européens apparentés par la langue d’oïl et d’oc avant la latinisation. Aujourd’hui, l’adjectif germain fait penser immédiatement à l’Allemagne. Notre texte renvoie au premier sens dans ce passage spécifique.

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