DIRE DON DE SOI ET DEVENIR
DOT : EST-CE POSSIBLE ? REFLECHISSONS Y.
De nos jours, la société
moderne est caractérisée par des changements de grande portée, au nom de la
science et au nom de la rationalité, dans le champ de l’économie, de la
politique et de la culture, avec des répercutions significatives dans tous les
aspects de l’existence individuelle et sociale. La famille, cellule de base de
la société, n’est pas épargnée. Dans les pays de tradition africaine d’où je
suis issu, ces changements ont atteint un rythme particulièrement accéléré ces
dernières années à cause d’un certain mimétisme dans la vie et d’une
mondialisation progressive de l’administration. Tout ce qui semble bien, est ce
qui vient d’ailleurs et toute cette fantaisie crée un nouveau scénario socioculturel et cultural. De fait,
évoquer certaines coutumes locales parait parfois comme prendre ou avoir du retard
sur le reste du monde. Aussi s’acharne
t- on à tout changer car l’idéal ces derniers temps est de vivre à l’occidental
sans s’inquiéter de ce qui advient d’un peuple sans racines culturelles et
anthropologiques. Jean Paul II, à travers son allocution prononcée à l’Unesco
sur le rôle de la culture dans la vie des nations, a suggéré une prise active
de conscience face à ces phénomènes culturels ambivalents. Le Pontife disait
entres autres:
L’homme vit, d’une vie vraiment humaine grâce à la
culture… la culture est un mode spécifique de l’« exister» et de l’« être» de
l’homme… la culture est ce par quoi l’homme en tant qu’homme devient davantage
homme, « est» davantage. La nation est en effet la grande communauté des hommes
qui sont unis par des liens divers, mais surtout, précisément par la culture.
La nation existe « par» la culture et « pour» la culture, et elle est donc la
grande éducatrice des hommes pour qu’ils puissent « être davantage» dans la
communauté. Elle est une communauté qui possède une histoire dépassant
l’histoire de l’individu et de la famille[1] .
En s’alignant passivement sur
la mentalité sociale dominante, est une initiative ridicule mais à y voir de
près le symbolisme structure encore la vie de diverses localités. Toute réalité
ridicule ne signifie guère une initiative insignifiante et j’interroge :
« parler de la dot semble t-il vraiment faire recours à une réalité obsolète,
si pourtant la pratique dotale a eu droit de cité dans plusieurs peuples et se
poursuit même encore aujourd’hui? » Notre choix d’interroger cette
pratique apparemment dépassée comme institution juridique est mue par la
volonté de retrouver dans des cultures variées des points d’appui pour une
reconstruction de la famille fondée sur le mariage avec sa dimension
communautaire au cœur de la société où actuellement l’individualisme fait loi.
Ce parcours bref soit-il met
en évidence deux difficultés. L’une relative à la dénomination qui n’évoque pas
la même réalité dans toutes les cultures et maintient alors une confusion qui
apparaît dans les appréciations de la coutume. L’autre relative à l’allure de
polémique que le débat sur la dot a adoptée et qui fait que malgré la
multiplicité de documentation, la vérité de la réalité vit encore une éclipse.
Comment proposer une base
communautaire à la famille africaine par exemple pour la sauver des pathologie
à tendance individualiste qui s’imposent en privatisant chaque jour un peu plus
l’amour ? L’amour n’est-il pourtant pas une expérience communautaire et
sociale ? Une série d’articles guidera notre préoccupation.
Célestin AVOCAN
celzath@libero.it
[1] JEAN-PAUL II, Mémoire et identité: Conversations au passage entre deux millénaires, Flammarion, Paris 2005, 103-104.
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