mariage et famille entre grandeurs et limites
sous le ciel africain
Le mariage et la famille sont
des réalités humaines avant de prendre des dimensions culturelles ; c’est
pourquoi on est en mesure de noter certaines caractéristiques propres soit au
mariage, soit à la famille sous tous les cieux : le cachet de lieu de surgissement
de la vie, le sceau de lieu d’expérience du don et de la relation, cadre
d’alliance dans la durée à savoir une durée pour la vie puisque don de soi ne
rime pas avec prêt de soi pour un temps.
Toutefois la richesse et le
trésor de cet édifice social se transmet de génération en génération en
demeurant au service de la vie et de l’éducation de la personne humaine mais
surtout à travers des symboles et plus particulièrement des rites. L’humanité
naturellement, tend vers les mêmes objectifs, mais chaque personne et chaque
peuple selon son histoire concrète et sa mémoire collective les assume selon
son identité propre. Le même feu par exemple brûle autrement à Athènes qu’à
Babylone. On exprime autrement le deuil en Pologne qu’en Egypte. On s’exprime autrement en Australie qu’en
France. On se marie autrement à Chicago qu’en Alaska; si la bague dit
l’alliance dans une culture, dans une autre ce sont les tatouages mais la
finalité demeure de fonder une communauté d’amour et de vie. Comment dans le
cadre du dialogue entre les cultures, offre-t-on aujourd’hui l’espace pour
s’interroger sur la différence en vue d’accueillir les douleurs d’enfantement
que vivent culturellement les institutions sociales pour mieux faire naître les
personnes à une meilleure humanité ou bien brasse t- on tout juste instincts de
domination ou nivellement au même
dénominateur ?
Le cardinal Ennio Antonelli,
président émérite du conseil pontifical pour la Famille a accompli une
inquiétante description de la famille en Occident actuellement, lorsqu’il a
affirmé du 29 au 31 janvier 2010 au II Congrès pour les Famille à Mérida au
Mexique : « La civilisation moderne occidentale s’est développée
à partir de la révolution industrielle dans le sens toujours plus accentué de l’individualiste
en provocant une fragmentation progressive de la famille. De la famille
patriarcale, on a rejoint la famille nucléaire et maintenant s’accroît
l’effectif des personnes seules. Dans l’Union européenne, on compte déjà 55
millions quasi 29°/° des habitations mais on les prévisions annoncent déjà
40°/° ; dans certaines villes comme Milan, pour des raisons particulières
on est déjà au delà de 50°/°. Partout les séparations et les divorces augmentent.
Dans divers pays, se multiplie le nombre des femmes qui optent d’avoir des
enfants mais de vivre seulement avec eux, sans une présence masculine comme
compagnon et aide. L’idéologie du genre (gender)
se diffuse et nie l’importance de la différence des sexes tout en encourageant
l’utilisation de la sexualité comme un simple jeu stérile. On va même jusqu’à
imaginer la famille comme un résidu historique destiné à disparaître dans un
futur prochain». Voilà des pratiques et des choix qui minent les trésors
immatériels des autres cultures asiatiques, africaines et autres qui
maintiennent leur vision de la famille même si elles doivent un témoignage
humain plus grand devant les cultures matérialistes qui étouffent l’humanus.
Evoquons certaines
situations d’embarras qui constituent encore et depuis longtemps un défi pour
la nouveauté du Christianisme. C’est le mariage traditionnel même comme
institution avec les rites qui le signifient. de façon particulière en Afrique,
comme expression de la vision du monde des hommes d’un milieu et celle de la
réponse à leurs problèmes communs. Les missionnaires ont essayé à leur manière d’adapter
le Christianisme au mode de vie africaine, mais nombreux sont encore les
obstacles au niveau de la vie matrimoniale. Les administrateurs coloniaux ont
aussi, à leur tour, tenté d’imposer une discipline dans ce domaine mais leurs
efforts n’ont pas abouti à une solution réelle. Les actuels dirigeants
africains se contentent juste de faire des lois et d’offrir des codes de la
famille, taillés sur mesure. Les théologiens eux parlent de l’inculturation du
mariage traditionnel, tandis que les chrétiens africains cherchent à comprendre pourquoi leur mariage
devra continuer à se célébrer en trois temps comme une superposition de trois
types de mariage : selon la coutume (le mariage coutumier), à la commune (le
mariage civil), à l’église (le mariage religieux). Avec cet arrière fond
culturel, l’Eglise en Afrique a accueilli après le synode des Evêques pour
l’Afrique d’avril 1994, comme ligne pastorale d’inculturer en Afrique[1]
l’Eglise comme Famille de Dieu.
C’est à première vue, une
invitation à éclairer le milieu familial avec la logique de l’Amour de Dieu qui
s’est fait Don en Jésus-Christ pour conduire chaque homme et son milieu de
surgissement comme lieu du premier don, vers sa perfection en dissolvant les
réelles contradictions et en réglant les profonds lieux de conflits après en
avoir touché les vraies causes.
Célestin AVOCAN
celzath@libero.it
[1] Cf.
JEAN-PAUL II, Exhortation
Apostolique Post- Synodale: Ecclesia in Africa, Ed. Vaticane, Rome
1995, n. 50.
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